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Par
Madame M.A. van Putten, Docteur en médecine et chercheur,
Fontys Paramedische Hogeschool à Eindhoven- Nederland
Introduction
Les
termes 'pédicure' et 'podologue' peuvent avoir une signification
sensiblement différente d'un pays européen à l'autre. Pour
la présentation aux Journées de la Podologie 2001, l'auteur
de cet article s'est basé sur les définitions suivantes.
*
Pédicure = le soin des pieds (peau et ongles)
*
Podologue = Podothérapeute = le traitement des affections
du pied ainsi que des affections en chaîne (genou-hanche-colonne)
en relation avec le bon fonctionnement du pied
En
regard des différences dans la définition de ces deux professions,
il y a également une différence marquante dans le niveau de
formation et du traitement : Le pédicure n'a pas une formation
régulée et il ne lui est requis aucune formation préalable.
On exige par contre du podothérapeute/podologue une formation
préalable du niveau baccalauréat avant de pouvoir entreprendre
3 années d'études dans l'enseignement supérieur.
Le
pédicure travaille soit dans le domaine de l'esthétique, soit
dans le champ d'action autour du médical. Le podothérapeute
/ podologue travaille quant à lui dans le domaine médical.
Historique
de la profession aux Pays-Bas et en Belgique
Le
passé historique est quasi le même pour les deux pays. Il
n'y a eu que peu ou prou de régularisation. La profession
étant un peu hobbyiste, la connaissance théorique parmi les
pédicures est faible et il existe de nombreuses formations
qui font passer chacune leurs propres examens.
Aux Pays-Bas l'histoire de la Podothérapie remonte à 1961,
lors des premiers pourparlers sur la 'chiropodie' médicale.
En 1963 le moniteur publie une loi cadre sur la profession
paramédicale, et en 1978 démarre la première formation expérimentale
de chiropodiste, dont le nom sera changé plus tard en podothérapeute.
45 pédicures se seront ainsi recyclés en deux ans comme podothérapeute.
Un certain nombre d'entre eux pratique encore à l'heure actuelle
comme podothérapeute dans le cadre des soins de santé néerlandais.
1982 fut toutefois une année charnière. Grâce aux efforts
de quelques précurseurs, dont M. Robert Van Lith, l'IHBO (Instituut
voor Hoger Beroeps Onderwijs) à Eindhoven, relève le défi
pour donner forme à la régularisation d'une formation de podothérapeute.
La loi cadre sur les professions paramédicales prévoyait dans
le même temps la protection du titre et la reconnaissance
de la profession de podothérapeute.
Les
25 premiers étudiants pouvaient ainsi commencer leur formation
à Eindhoven pour sortir diplômés en 1984, la formation n'étant
que de deux ans à cette époque là. En Belgique la Chambre
Nationale des Chiropodistes est créée en 1959 et en 1970 elle
fait partie de la Fédération Internationale de Podologie (F.I.P.).
L'Association Belge des Podologues (A.B.P.) est fondée en
1979, mais à ce moment là il n'est pas encore question d'un
enseignement régulé ni d'une profession organisée. C'est néanmoins
cette même année que la première formation francophone voit
le jour à l'ISCAM - Bruxelles. Ce n'est qu'en 1990 qu'une
section podologie néerlandophone sera créée à la KAHOG - Katholieke
Hogeschool à Gand. En 1999 une deuxième formation francophone
est créée au Parnasse à Bruxelles. A ce moment là il n'y a
toujours pas de protection du titre et de la profession.
La
situation actuelle aux Pays-Bas et en Belgique
Sur
le plan de la pédicurie il y a bien une tendance à la professionnalisation
dans les deux pays, mais...... il est toujours peu ou pas
question de régularisation de l'enseignement. On agit encore
trop dans l'à peu près avec trop peu de savoir théorique et
des programmes trop différents.
Aux
Pays-Bas la podothérapie à conquis ses titres de noblesse
dans le cadre des services de santé. L'école Supérieure de
Eindhoven est, il est vrai, l'unique formation pour les podothérapeutes,
mais le niveau d'étude c'est fortement développé depuis 1982.
Actuellement environ 350 podothérapeutes sont actifs aux Pays-Bas.
Il y a beaucoup de demandes et (trop) peu d'offres de podothérapeutes.
Tout est cependant mis en œuvre afin de former davantage de
podothérapeutes dans les années à venir. Le podothérapeute
néerlandais à acquis la reconnaissance et l'estime aussi bien
des patients et des prescripteurs que des assurances en soin
de santé.
En
Belgique il y a trois formations différentes, avec chacune
leur propre curriculum. Le nombre de podologues ayant achevé
leurs études reste imprécis, parce qu'il manque un bon enregistrement.
Il n'y aurait que 255 étudiants diplômés qui soient actuellement
actifs. Peut-être est-ce dû au fait qu'il n'y a pas encore
de reconnaissance de la profession.?
La
situation de la podologie en Europe.
La
profession connaît un statut et un niveau d'études très différent
d'un pays à l'autre. Pour résumer, on peut dire qu'à ce jour
le titre est protégé en France, au Danemark et aux Pays-Bas.
Depuis décembre 2000, il semble que la Belgique connaisse
une semblable protection, mais cela reste encore à vérifier.
Grâce aussi aux efforts de la F.I.P., le niveau de formation
semble en hausse dans les différents pays européens, mais
nonobstant ce fait il subsiste encore d'énormes différences
lorsqu'il s'agit de la Podologie.
L'avenir
Un
coup d'œil sur l'avenir à court terme semble démontrer qu'une
collaboration entre podologue/podothérapeute et pédicure est
essentielle. Il y a de toute évidence un groupe de patients
qui demande aussi bien des soins pédicuraux que des traitements
podologiques. Les podologues belges et néerlandais ne sont
de toute façon pas en mesure, vu le nombre limité de praticiens,
de satisfaire à la demande. Aux Pays-Bas tout est mis en œuvre
pour arriver à une meilleure collaboration, mais en Belgique
on ne semble pas (encore ?) y être disposé.
C'est
dommage, car on est toujours plus fort ensemble.
Les
perspectives d'avenir peuvent être prospères pour les deux
groupes professionnels, pour autant qu'elles satisfassent
aux exigences suivantes, à savoir :
1.
Uniformiser la formation
2. Uniformiser les examens
3. Recevoir la reconnaissance des autorités et des prescripteurs
4. Adopter une conduite claire dans la formation complémentaire
et le recyclage
Conclusion
Une
reconnaissance du professionnalisme de chacun est essentielle
pour prendre régulièrement les pieds des patients/clients
bien en main.
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